
Paul Le Guen avait raison d'être «très méfiant» avant d'aller défier
Rodez en 8es de finale de Coupe de France, mercredi. La qualification du 12e du
National aux dépens du 2e de Ligue 1 (3-1
a.p.) ne souffre aucune contestation, tant les joueurs de l'Aveyron ont mis
de l'allant pour écarter le favori et spécialiste de la Coupe. Sans aucun
complexe face à leurs prestigieux visiteurs, les Ruthénois se sont procuré un
nombre record d'occasions sur le but de Mickaël Landreau, rarement aussi
sollicité depuis le début de la saison. Comme les Parisiens n'ont pas été non
plus économes de leurs efforts offensifs, les 7500 supporters sang et or du
stade Paul-Lignon ont passé une bien belle soirée. D'autant plus mémorable
qu'elle s'est achevée sur un authentique exploit de leurs champions.
L'ouverture précoce du score par le PSG aurait pu couper les jambes des
protégés de Franck Rizzetto. Sur un coup franc dans l'axe tiré par Jérôme
Rothen, Sammy Traoré marquait du dos (9e), exactement comme le défenseur malien
l'avait fait en 16es de finale à Ajaccio sur une service de Sessegnon (0-3).
Mais une tête de Cassan (13e), une reprise du droit de Belaud (21e) et une
demi-volée écrasée de Choplin (27e) envoyaient très vite aux Parisiens le
message que rien n'était joué. Les occasions étaient encore à sens unique
jusqu'à la pause. Cassan s'essayait sans angle (39e) puis Belaud enlevait trop
son coup de tête (42e). C'est à la reprise, alors que les Parisiens avaient
enfin mis le pied sur le ballon, que Rodez égalisait. A la suite d'un coup franc
rapidement joué sur la ligne médiane, Jérémy Choplin trompait Landreau d'une
lourde frappe croisée au premier poteau (66e).
Comme la suite de
l'histoire l'a montré, Paris a raté le coche dans le temps additionnel en ne
convertissant aucune des trois occasions que sa paire d'attaquants Hoarau -
Luyindula s'est procuré : le premier plaçait à côté du but une remise astucieuse
du second (90e?1), puis sa tête plongeante se heurtait aux gants du très bon
portier de Rodez, Jérémy Soplaski (90e?3). Entre-temps, Luyindula avait été
repris in extremis par un défenseur alors qu'il filait au but balle au
pied. Au vu de ce final parisien, il n'était pas illogique d'éprouver quelque
inquiétude pour Rodez pour la suite des débats, notamment sur le plan physique.
Mais ce pronostic était déjoué, les joueurs du National entamant la prolongation
pied au plancher. Forme éclatante bientôt illustrée par Jérémy Choplin qui
signait un doublé d'une frappe magistrale (et détournée) de 25 bons mètres
(115e). D'une subtile déviation, Miguel Pacios (118e) se chargeait de confirmer
l'entraîneur parisien dans sa haute opinion de la formation aveyronnaise.
-J.LB.